Entrée en fonction le 30 novembre dernier, il est possible de lire le portrait du nouveau directeur général de l’Ordre des ingénieurs, Louis Beauchemin, dans la revue Plan, édition janvier-février 2018. Compte tenu des événements qui ont mis sur la sellette la gouvernance de l’organisation au cours des dernières années, j’étais curieux d’en savoir plus sur l’heureux élu; si heureux est applicable dans le contexte!

Il ne faut pas oublier que le poste est devenu vacant alors que l’OIQ traverse la pire crise de son histoire; une crise sans précédent au sein même du système professionnel québécois. Cette crise est sortie au grand jour en 2014 avec l’Assemblée générale extraordinaire demandée par le GROLO et l’ADIIQ.

Depuis plusieurs années déjà, certains ingénieurs dénonçaient le rôle de la permanence de l’Ordre dans le fonctionnement du Conseil d’administration. La crise a atteint son apogée lorsque l’un des instigateurs du GROLO a obtenu la présidence de l’OIQ en août 2015. Avec cette nomination, il était clair qu’on venait d’annoncer un exercice de démolition.

Tentative de démolition il y a eu; souvenons-nous des allégations de harcèlement psychologique qui sont sorties dans les médias au printemps 2016. Le GROLO étant toujours présent au Conseil d’administration de l’OIQ, le choix du nouveau DG était pour moi une source de préoccupation.

La question est de savoir qui est le nouveau directeur général. À quelle idéologie adhère-t-il? Est-il un sympathisant de l’idéologie de l’ingénieur sur la place publique comme plusieurs membres de l’ADIIQ le prônent? A-t-il été mis en place par ceux qui veulent diminuer l’OIQ à sa plus simple expression afin que leur association puisse parler au nom des ingénieurs sur la place publique?

De l’extérieur, il est difficile de connaître l’idéologie, les valeurs ou les croyances du nouveau DG. Il serait malheureux qu’il adhère à un mouvement de pensée qui limiterait son processus décisionnel. À première vue, ça ne semble pas être le cas.

Ce qui est de bon augure pour le fonctionnement et la gouvernance de l’OIQ est que l’ingénieur Louis Beauchemin aurait passé les 20 dernières années à l’extérieur du Québec. Cela laisse croire qu’il n’a pas été impliqué dans les problèmes de l’Ordre qui remontent au tournant des années 2000.

De plus, comme il a travaillé majoritairement pour l’entreprise privée, on comprend qu’il n’a pas été impliqué de près ou de loin avec les activités de collusion ou de corruption que le Québec a connue dans les 10 à 15 dernières années.

Malgré une candidature qui semble pertinente pour le contexte dans lequel est plongé l’Ordre des ingénieurs, on se doit de garder une réserve sur la nomination du nouveau DG. Cette réserve est nécessaire lorsqu’on lit dans le Plan qu’il endosse sans réserve le plan ING2020. Évidemment qu’il n’a pas le choix de dire qu’il l’endosse devant la caméra. Qu’en est-il dans son for intérieur? On verra à l’usage.

Tout ce qu’on peut souhaiter est que le nouveau directeur général soit un homme de conviction, de jugement rationnel et d’objectivité. Souhaitons qu’il ait le courage de signifier son désaccord lorsque les demandes du Conseil d’administration seront partisanes en lien avec ce désir de faire entendre la voix des ingénieurs sur la place publique. Espérons qu’il a plus à cœur la gouvernance que le marketing!

Bienvenue et bonne chance Monsieur Beauchemin!

 

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