Le 12 avril dernier, la présidente de l’Ordre des ingénieurs était interviewée par l’ancien journaliste Simon Durivage dans le cadre de la série BOMidi organisée par BOMA Québec. Comme auteur du livre Dessein d’ingénieurs — La déroute des professions, j’étais présent à l’événement afin d’affiner mes connaissances sur l’état de la gouvernance de l’organisation.

J’ai justifié ma présence (et le coût) en pariant que l’entretien de 30 minutes entre Baig et Durivage ne pouvait faire autrement que de mettre en lumière la rhétorique de la présidente pour maintenir en place le contrôle de l’organisation par quelques stratèges. Et comme il se doit, malgré sa grande compétence comme communicatrice, Mme Baig n’a pu entièrement cacher les ficelles orchestrées par le bureau des communications et leurs firmes de consultants.

Je sais, cela ne semble faire aucun sens qu’un Ordre professionnel puisse être sous le contrôle de quelques individus et de firmes de communication, mais les 450 pages de Dessein d’ingénieurs en font la démonstration. Et la conférence est venue confirmer les faits.

Il y a certes beaucoup à dire sur la conférence Baig — Durivage, mais aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur le métier d’ingénieur. Nous y arrivons alors que l’ancien journaliste, aujourd’hui recyclé comme Conseiller principal — relations publiques, a abordé les sanctions de l’Ordre qui arrivent trois et quatre ans après la Commission Charbonneau.

Pour répondre à la question, Kathy Baig a voulu justifier la situation en réitérant le fameux «on n’était pas prêt» que l’Ordre a lancé dans les médias après les révélations de l’ingénieure Karen Duhamel à la Commission Charbonneau. La présidente Baig a poursuivi en mentionnant qu’auparavant l’Ordre faisait des enquêtes classiques.

Que voulait-elle dire par enquête classique? Eh bien! selon elle, avant la Commission Charbonneau, les inspecteurs de l’OIQ évaluaient des dossiers de fosses septiques. Oui oui, selon elle, les ingénieurs faisaient la conception de fosses septiques et une fois installée, le client n’était pas content!!! À croire qu’après la Joconde, les stratèges de l’OIQ ont copié le marketing de Walmart.

Évidemment, plus loin dans la conférence, Monsieur Durivage a donné l’impression d’aborder un sujet sérieux et compromettant en disant qu’il y avait d’autres choses qui ne sentaient pas bons — ce qui a fait rire l’auditoire —, mais comment la présidente de l’Ordre des ingénieurs peut-elle minimiser le rôle des ingénieurs à des concepteurs de fosses septiques?

Évidemment que tout cela était orchestré pour donner l’impression que l’OIQ s’est repris en main sous la présidence de Kathy Baig. Au fond des choses par contre, on comprend que tout ce qu’elle cherche à faire, c’est de protéger les anciens administrateurs qui ont fermé les yeux sur ce qui se passait dans le monde du génie. Une protection qu’elle est prête à faire, évidemment pour garde son poste, peu importe le respect qu’elle démontre envers la profession, Ingénieur: concepteur de fosses septiques!

 

Dessein d’ingénieurs – La déroute des professions est disponible dans les librairies suivantes:

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s