Dans quelques semaines, cela fera 2 ans que l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a été mis en tutelle. Cette échéance marquera également la fin du mandat de sa présidente. Pour sauver la face de l’un et de l’autre, on observe actuellement une multiplication de communiqués pour donner l’impression que le Plan ING2020 atteint et dépasse les attentes.

Pour preuve du succès du plan de redressement, on nous parle de sondages, d’enquêtes du syndic, d’inspections professionnelles, de visites de chantier bref, des diverses activités mis en place pour donner l’impression que l’OIQ protège le public. Comme si cette dernière était avant tout une question de chiffre.

Ne vous méprenez pas. Je ne suis pas en train de dire que le travail réalisé par le personnel de l’organisation n’est qu’une statistique inutile. Ce que je dis, c’est que la protection du public ne sera jamais qu’une affaire mathématique, et ce, peu importe le calcul que l’on fait.

Ce qui est désolant derrière ces quantités qu’on nous présente, c’est qu’on n’y trouve ni même un iota de gouvernance. Pour des ingénieurs, chez qui les mathématiques font partie intégrante du métier, comment est-ce possible que derrière ces matrices de nombres, il n’y ait aucune formule pour résoudre la raison d’être de la tutelle?

Ce n’est pas banal. Le gouvernement a retiré l’autonomie à une organisation normalement autogérée parce qu’il a jugé que sa tangente directrice avait divergé de sa raison d’être. Comment dans les circonstances les membres du Conseil d’administration ont-ils pu foncer tête baissée dans un décompte sans même prendre le temps de réfléchir?

À Polytechnique, les professeurs répétaient constamment qu’une réponse sans unité ne veut rien dire. Certains allaient même plus loin en affirmant qu’il ne sert à rien de multiplier les opérateurs si on ne connait pas la signification des nombres et des chiffres.

L’Ordre des ingénieurs n’a pas été mis en tutelle parce qu’il n’y avait pas assez d’inspection professionnelle, d’enquête disciplinaire ou de visite de chantier. L’Ordre des ingénieurs a été mis en tutelle pour des problèmes de cohésion interne. Ce n’est pas une question d’hypothèse, il y a problème d’adéquation dans la démarche, ING2020 soit-elle.

Devant cette myriade de chiffres et de statistiques visant à faire croire au succès du Plan ING2020, force est de constater que la présidente Baig et les administrateurs n’ont pas compris que la réponse à la tutelle se mesurait en gouvernance et non en illusion de poudre aux yeux. CQFD

 

Dessein d’ingénieurs – La déroute des professions est disponible dans les librairies suivantes:

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s