De façon régulière, un Ordre professionnel se retrouve en manchette suite à des décisions controversées ou l’inaction de l’organisation dans son rôle de protecteur du citoyen. Le mois de juillet 2018 marquera le 2e anniversaire de la mise en tutelle de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ). L’événement ne peut être passé sous silence pour plusieurs raisons.

Lorsqu’on se penche sur l’actualité, on réalise que la tutelle de l’OIQ n’est que la pointe de l’iceberg du dysfonctionnement du système professionnel. Le dernier exemple en lice est l’incontournable sortie du Barreau du Québec. Que doit-on penser de cette intention de faire annuler toutes les lois du Québec sous prétexte qu’elles protègent mal le citoyen parce que la traduction anglaise n’est pas exactement le reflet de la française.

Comment un Conseil d’administration, constitué de 19 membres, incluant les 3 représentants du public, peut-il en arriver à voter pour que l’ensemble des lois du Québec soit déclaré inconstitutionnel? Comment en arriver à la conclusion que cette déclaration serait favorable à la protection du citoyen? Évidemment qu’il y a anguille sous roche.

Est-ce que cette décision du Barreau est exceptionnelle? Cela dépend des points de vue. On peut la comparer à la déclaration du Président de l’Ordre des agronomes au mois d’août 2017 alors qu’il était question de la vente abusive de pesticides par certains agronomes. En réponse à un journaliste qui le questionnait sur le sujet, il a affirmé qu’il avait entendu parler du problème, mais que faute de plainte officielle, aucune enquête n’avait été ouverte.

Excluant l’Ordre des ingénieurs, ces deux exemples font la démonstration des problèmes de gouvernance des Ordres professionnels. Par elles seules, on comprend que la protection du public est compromise par des décisions arbitraires des Conseils d’administration qui sont une extension du système de justice.

Alors qu’une campagne électorale est déjà bien en selle au Québec, les journalistes sont les mieux placés pour questionner les chefs des partis politiques dans le but de connaître leurs positions sur le système professionnel et sa gouvernance par les Ordres professionnels.

Certes, tous en cœur, les partis politiques ont endossé le projet de Loi 98. Ce vote s’est tenu dans la foulée de la Commission Charbonneau et la tutelle de l’Ordre des ingénieurs. Toutefois, force est d’admettre que le projet de loi en question donnait peut-être bonne conscience, mais ne s’adressait pas aux réels problèmes présents au sein des Ordres professionnels.

Le plus pernicieux est sûrement le système électoral qui permet à des clans de prendre le contrôle du Conseil d’administration compte tenu du faible taux de participation des membres.

J’invite les journalistes à prendre connaissance des propositions qui seront présentées à l’Assemblée générale annuelle de l’Ordre des ingénieurs qui se tiendra le 14 juin 2018. Il sera intéressant d’observer la réaction des membres réunis pour l’occasion. Pour une fois, la raison aura le dessus sur la partisanerie?

Voici les trois propositions que je présenterai le 14 juin:

1. Mise sur pied d’un groupe de travail sur la tutelle, voir
2. Position de l’Ordre des ingénieurs sur son histoire, voir
3. Limitation des candidatures au Comité exécutif, voir

 

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