Après avoir mis à jour l’élection illégale de l’ingénieure Kathy Baig à la présidence de l’Ordre des ingénieurs, je lui écrivais le 5 août pour lui permettre de m’expliquer par quel stratagème le Conseil d’administration l’avait reconduit à ce poste. Je ne m’attendais pas à avoir une réponse de sitôt mais Ô surprise, la réponse, incomplète il va de soi, m’a été envoyée par la Secrétaire de l’Ordre et directrice des Affaires juridiques quatre jours plus tard.

J’invite le lecteur à lire la lettre (ici), la réponse de la secrétaire (ici) et les articles du Code des professions (ici) afin de mieux comprendre la situation.

Une fois qu’on a une vue d’ensemble, on comprend rapidement que la Secrétaire de l’OIQ a oublié l’essentiel lorsqu’elle a écrit sa réponse. Bien sûr, on peut jouer sur les points et les virgules dans l’argumentaire. On peut aussi s’amuser avec les contradictions de l’article 64, concernant le mode d’élection pour la présidence, et l’article 80 qui lui affirme que le président est aussi administrateur.

Une fois que l’on met de côté la rhétorique que chérissent certains avocats par contre, on comprend que la légitimité de la réélection de Kathy Baig à la présidence ne relève pas de sa qualité d’administratrice ou non. La légalité de sa réélection dépend de la durée de son mandat. Ce point n’a nullement été abordé par la Secrétaire McGovern puisqu’elle sait pertinemment que ce critère disqualifie Kathy Baig de la présidence pour le mandat 2018-2020. Et cela se démontre aisément.

L’ingénieure Kathy Baig a été portée à la présidence de l’Ordre des ingénieurs en juin 2016 suite à son élection au suffrage universel des membres. Son mandat était de deux ans. On comprend donc qu’il se terminait en juin 2018.

Fait intéressant, en début d’année, le Conseil d’administration de l’Ordre a choisi d’annuler les élections pour le renouvellement des administrateurs. Cette décision a été justifiée par l’exigence du Code des professions qui a été modifié en 2017. L’une des modifications limite à 15 le nombre d’administrateurs d’un Ordre professionnel.

De plus, le Conseil d’administration a choisi d’annuler l’élection du président au suffrage universel des membres comme il avait été voté à l’assemblée générale annuelle de l’Ordre des ingénieurs en 2016. En place, les administrateurs ont opté pour choisir parmi eux le président pour le mandat 2018-2020. Ainsi selon l’article 64.b) du Code des professions, le président est élu au suffrage des administrateurs élus et administrateurs nommés parmi les administrateurs élus.

Par l’article 64 du Code des professions, il est clair que la présidente n’est pas administratrice. Il est également vrai selon l’article 80, que le président est un administrateur et qu’il a droit de vote.

Évidemment, ce n’est pas précisé dans la Loi, mais on comprend qu’il est implicite dans l’article 64.b) que par administrateurs élus, il est entendu que le vote se fait parmi les administrateurs élus pour le mandat à venir, et non pas pour le mandat précédent.

L’ingénieure Kathy Baig a été élue présidente pour le mandat 2016-2018. Selon la Secrétaire McGovern, elle était aussi administratrice de 2016 à 2018. Toutefois, son mandat se terminait en juin 2018, et ce, qu’elle soit présidente, administratrice ou les deux à la fois. On comprend toutefois qu’à la fin de ce mandat, Kathy Baig n’était plus éligible pour occuper un poste au sein du Conseil d’administration. Et comme les élections des administrateurs ont été annulées en début d’année, Kathy Baig n’a pas pu se faire élire comme administratrice en vue du mandat 2018-2020.

Alors qu’elle n’était rien pour le mandat 2018-2020, comment les administrateurs de l’Ordre des ingénieurs ont-ils pu réélire Kathy Baig à la présidence pour ce mandat? Malgré la limpidité de la Loi, tout laisse croire que par favoritisme et complaisance, les administrateurs l’ont réélu en tenant le vote avant l’échéance du mandat 2016-2018, et ce, en vue du mandat 2018-2020… À se demander si le vote secret s’est tenu dans des enveloppes brunes!

À la lumière des événements, il est pertinent de se demander à quoi sert la tutelle de l’Ordre des ingénieurs si comme par le passé, les administrateurs font ce qu’ils veulent pour mettre en place leur idéologie. Ne soyons pas dupes, les administrateurs savaient très bien que Kathy Baig n’avait plus la légitimité d’occuper un poste au sein du Conseil d’administration pour le mandat 2018-2020…

Dire qu’elle se promène de tribune en tribune an affirmant vouloir faire de l’Ordre des ingénieurs LA référence en matière de gouvernance. Dans le cas de cette réélection, elle a enseigné la technique du yogourt, c’est tellement meilleur avant!

 

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