Je reviens sur l’éditorial du 23 août de la présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ). Elle affirmait que le gouvernement avait pris la bonne décision concernant les appels d’offres au plus bas soumissionnaire. En fait, le parti libéral a mis en veilleuse ce mode de sélection pour les appels d’offres de service professionnel. On comprend que les Libéraux ne voulaient pas de controverse alors que la campagne électorale était sur le point de démarrer.

Le mouvement de contestation a été lancé par l’Association des firmes de génie-conseil (AFG) et l’Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ). Appuyés par plusieurs regroupements concernés, ils ont justifié leur démarche en demandant s’il fallait un autre viaduc de la Concorde pour comprendre que les appels d’offres au plus bas soumissionnaire ne devaient pas s’appliquer pour les services professionnels.

Il est facile de comprendre le rôle d’une association de firmes d’ingénieurs ou d’architectes. C’est de défendre l’intérêt de leurs membres. Et on ne se cachera pas que l’un de ces intérêts est de faire des profits. Il n’y a rien de mal à faire de l’argent, là n’est pas le point.

Là où le bât blesse, c’est lorsque des professionnels affirment que si le gouvernement ne leur donne pas suffisamment d’argent, les viaducs vont tomber. Sérieusement, sommes-nous en train de dire que faute d’une rémunération adéquate, les professionnels ne seront pas en mesure d’assurer la qualité de leur travail? Vraiment!

Avec de tels propos de la part des professionnels contestataires, la sortie de la présidente de l’OIQ Kahty Baig n’était pas d’affirmer que le gouvernement avait pris la bonne décision. Sa fonction exigeait qu’elle ramène à la raison les professionnels qui font du chantage émotif. Est-ce le rôle d’un ingénieur, ou d’un architecte, de faire peur à la population pour justifier que le gouvernement doit lui donner plus d’argent pour ses services?

Le Code d’éthique de l’ingénieur exige que son travail soit réalisé selon les règles de l’art et en connaissance de cause. Un ingénieur ne peut entreprendre un mandat sachant qu’il ne pourra le mener à terme. Dans cet esprit, un appel d’offres au plus bas soumissionnaire pour service professionnel ne devrait jamais être un facteur qui vient influencer la qualité du service rendu.

Par définition, un professionnel ne peut offrir un service en fonction du prix. Un ingénieur ne peut concevoir un pont et arrêter de faire des calculs de portance sous prétexte qu’il en a fait pour 100 $ et que le reste n’était pas inclus dans son prix le plus bas. Un professionnel ne peut vendre ses services en fonction de la rémunération plutôt que de la conformité aux règles de l’art.

En affirmant que le gouvernement avait pris la bonne décision en reculant face au tollé, la présidente Baig a encore une fois démontré qu’elle ne possède pas les compétences requises pour assumer la présidence d’un Ordre professionnel. Sa fonction exigeait qu’elle rappelle la signification du mot professionnel aux membres inscrits au tableau de l’OIQ.

La règle du plus bas soumissionnaire n’est pas un problème en soi. Le problème, ce sont les professionnels qui bâclent leur travail pour s’assurer de faire un minimum de profits. Et c’est là que débute le travail de protection du public que doivent assumer les Ordres professionnels non pas pour dénoncer les profits, mais pour semoncer le travail bâclé.

 

 

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