Y a-t-il un citoyen, un ingénieur qui n’a pas entendu parler de la Commission Charbonneau? Cette enquête publique aurait normalement sonné le glas de la complaisance qu’on retrouvait dans le monde de la construction et de l’ingénierie. Mais selon La Presse+, normalement ne semble pas faire partie du vocabulaire de certains ingénieurs.

Lundi dernier, 17 septembre, la journaliste Kathleen Lévesque publiait un article affirmant que des ingénieurs ne surveillaient pas adéquatement les entrepreneurs ayant obtenu les contrats de resurfaçage dans la cadre d’appels d’offres au plus bas soumissionnaire. Ces derniers auraient coupé les coins ronds dans le but de générer des profits, et ce malheureusement, au détriment de la qualité des services rendus.

Faut-il se surprendre que des inspecteurs ferment encore les yeux sur la qualité des travaux de construction? Peut-être que non si l’on considère que la nature a horreur du vide! Par contre, ce qui est surprenant, et surtout inexplicable considérant son rôle, c’est le silence de l’Ordre des ingénieurs après la publication de la journaliste.

Comment peut-on expliquer que l’organisation dont le mandat est de surveiller la compétence de ses membres demeure inaudible alors que les projecteurs se tournent à nouveau sur la profession? Comment peut-on croire à cet immobilisme alors que le gouvernement a voulu sonner la fin de la récréation par une mise en tutelle mise de l’OIQ?

La situation est d’autant plus irréaliste que la présidente de l’OIQ se promène de tribune en tribune en affirmant vouloir positionner l’Ordre des ingénieurs sur la place publique. Faut-il croire que la présidente Baig et son Conseil d’administration se moquent de la tutelle en perpétuant la prise de contrôle de l’organisation comme cela est présenté dans Dessein d’ingénieurs- La déroute des professions?

Le silence de l’Ordre des ingénieurs est inquiétant, mais il s’explique peut-être par les choix de sa présidente. Souvenons-nous qu’il y a tout juste quelques semaines, Kathy Baig endossait la démarche de l’Association des firmes de génie-conseil qui faisait pression pour que le gouvernement retire un projet de loi qui introduisait les appels d’offres au plus bas soumissionnaire pour les services professionnels.

Est-ce le rôle d’un Ordre professionnel d’endosser les positions politiques d’une association de membres? Est-ce le rôle de l’Ordre des ingénieurs d’appuyer la démarche de ses membres alors qu’ils affirment que la qualité de leurs services pourrait laisser à désirer si le gouvernement poursuit sa démarche?

En appuyant la démarche de l’Association des firmes de génie-conseil, l’Ordre des ingénieurs et sa présidente se sont placés en conflit d’intérêts. L’absence de réaction publique suite à la publication de l’article de la journaliste Kathleen Lévesque laisse planer un sérieux doute quant à la compétence de la présidente et la capacité réelle de l’OIQ à protéger le public.

Faut-il croire que la tutelle de l’Ordre des ingénieurs n’est qu’un écran de fumée et qu’il s’agit de chasser le naturel pour qu’il revienne au galop?

Dessein d’ingénieurs – La déroute des professions est disponible dans les librairies suivantes:

 

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