On ne se le cachera pas, la tutelle ressemble de plus en plus à un écran de fumée. Plus le temps passe, plus il devient évident que l’organisation a été laissée à elle-même une fois la tutelle déclarée par le gouvernement Couillard. J’en suis venu à me demander si elle ne sert pas avant tout à protéger ceux qui ont fermé les yeux sur la collusion et la corruption qui ont fait les beaux jours d’un lucratif système de financement politique.

Depuis quelques semaines déjà, mes efforts cherchent à démontrer que la présidente de l’OIQ a été réélue illégalement. En fait, réélue par une interprétation, tout porte à croire malicieuse, de l’article 64 b) du Code des professions. J’en ai parlé dans mes interventions précédentes, l’article en question dit:

• le mode d’élection (du président) est au suffrage des administrateurs élus et nommés qui élisent le président parmi les administrateurs élus

Le problème est que pour le mandat 2018-2020, la présidente Baig n’est pas une administratrice élue. Et cela lui était impossible de l’être puisque les élections des administrateurs ont été annulées en 2018 afin de réduire le nombre d’administrateurs de 24 à 16. C’est ainsi que pour la garder en poste, le Conseil d’administration a accepté de réélire la présidente avant la fin de son mandat 2016-2018.

J’ai porté la situation à l’attention de l’Office des professions. Après m’avoir confirmé qu’ils observent effectivement que l’article 64 b) a été interprété de façon créative, le bureau de la présidence a répondu que l’organisation n’a pas les compétences juridictionnelles pour entreprendre des démarches pour faire clarifier l’article 64 b) par les tribunaux.

Ce qui est intéressant dans la réponse de l’Office, c’est qu’il ne dit pas qu’il n’y a aucun problème avec la réélection de la présidente de l’Ordre. Au contraire, il se positionne aux limites de son mandat en laissant sous-entendre qu’il entreprendrait des démarches si son mandat le lui permettait.

Il sera maintenant intéressant de voir ce que la ministre de la Justice va faire dans ce dossier. D’autant plus intéressant qu’elle est une ancienne avocate de la Couronne. On peut croire qu’au plus profond d’elle-même, se trouve le désir d’épingler ceux qui abusent du système. Sur ce point, tout le Québec a observé sa fougue à faire parler les artisans de la collusion lors de la Commission Charbonneau.

Souhaitons que les prochaines semaines seront intéressantes à suivre. D’autant plus que la présidente de l’OIQ et sa suite ont rendez-vous avec le bureau de la ministre de la Justice ce jeudi 22 novembre.

 

SPÉCIAL – 100e ANNIVERSAIRE DE L’OIQ – SPÉCIAL

Dans le cadre du 100e Anniversaire de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Dessein d’ingénieurs vous faits découvrir les rouages de l’histoire récentes de l’organisation. Un livre pour comprendre les motivations de la présidente à s’impliquer au sein de la profession. Idéal pour la bibliothèque de l’ingénieur soucieux de gouvernance.

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