S’il n’y avait qu’un mot ayant perdu de son lustre avec la Commission Charbonneau, l’«extra» serait sûrement parmi les finalistes. Dans le bon vieux temps comme diraient certains, le vocable de cinq lettres pouvait être justifié, et ce, pour toutes sortes de raison. Des conditions existantes que personne ne pouvait envisager avant le début des travaux, une amélioration pour assurer la qualité de la construction ou encore, une omission lors de la mise en plan du projet. Voilà autant de raisons qui pouvaient justifier un extra.

La nature humaine étant, l’extra a été dénaturé pour ainsi, d’un palliatif, devenir une source de revenus. Dans ce nouveau format, l’extra a servi à rentabiliser les projets où les coins ronds ne permettaient pas de sauver la chemise de l’entrepreneur. Ainsi, d’une chemise délabrée, l’entrepreneur pouvait espérer compléter son projet en habit 3 pièces grâce à un, deux, cinq ou combien d’autres extras.

Il n’y a pas trop à dire de l’extra original. De bonne foi, l’entrepreneur et son client convenaient qu’il y avait lieu de procéder avec un supplément, et ce, dans le but d’assurer une construction à la hauteur des attentes. Il en est tout autrement de l’extra sciemment utilisé comme source de revenus.

L’extra source de revenus est, à la base, pernicieux. Il est redouté par les chargés de projets et autres intervenants ayant rédigé l’appel d’offres. Ce type d’extra atteint son comble lorsqu’il peut être identifié avant même le début d’un projet. Certains vont jusqu’à dire que des soumissionnaires déposent des propositions en deçà du coût réel sachant qu’ils seront en mesure de combler la mise par les extras.

On comprend que l’extra source de revenus exploite, entre autres et avant tout, les failles d’un devis. Tout laisse croire que c’est avec ce même procédé que la présidente de l’Ordre des ingénieurs a été réélue en juin 2018. La Secrétaire de l’organisation, qui est chargée de l’application du Règlement des élections au Conseil d’administration, aurait interprété le Code des professions pour permettre à la présidente d’obtenir un second mandat. On ne se le cachera pas, il y a des avocats qui sont passés maîtres dans l’Art du point et de la virgule!

Actuellement, l’Ordre des ingénieurs présente une panoplie de statistiques sur les réseaux sociaux. Tout ne vise qu’à donner l’impression que l’OIQ assume son mandat de protection du public. Quelle est la réelle valeur de ces chiffres? Avec un peu de recul, on comprend que le tout ne sert qu’à camoufler le stratagème des extras ayant permis la réélection de la présidente et combien d’autres problèmes de gouvernance.

Après les extras de la Commission Charbonneau, les ingénieurs ne méritent-ils pas mieux que les extras de l’OIQ?

 

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