Jamais une organisation placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité n’aura fait autant de bruit. Depuis près de deux semaines, tant dans les médias que sur les réseaux sociaux, Caroline Néron et son entreprise enflamment les propos qui, en majorité, soit encouragent l’entrepreneure à poursuivre, soit dénoncent ses interventions publiques et ses conseils sur l’entrepreneuriat.

Chez les Pour, on retrouve les entrepreneurs qui dénoncent ceux qui déplorent le manque de transparence de Madame Néron. On voit ainsi les premiers serrer les coudes pour accuser les autres de ne pas comprendre ce que c’est d’être un entrepreneur. Entre eux, les Pour se soutiennent en affirmant qu’au Québec, on a tendance à être jaloux du succès des autres.

Mieux! Aux yeux des Pour, les Québécois seraient frustrés alors qu’ils n’auraient pas le courage de prendre les mêmes risques que les entrepreneurs. Certains Pour vont plus loin en affirmant que la vie débute lorsqu’on devient entrepreneur. Les autres n’auraient pas de vie!

Aux yeux des Pour, les journalistes qui ont fait une analyse financière de l’entreprise Caroline Néron ne sont que des Contre. Peu importe le passage de l’ancienne artiste et comédienne à l’émission Les Dragons, peu importe ses conférences sur l’entrepreneuriat, peu importe les difficultés financières révélées de son entreprise, rien ne justifierait de critiquer les décisions de Madame Néron à s’afficher comme une entrepreneure affranchie.

Avec un peu de recul, on comprend que le débat sur la débâcle de l’entreprise Néron est à l’image de son marketing. Il faut le reconnaître, l’entreprise Caroline Néron a été bâtie sur l’image de sa propriétaire et sa notoriété comme artiste et chanteuse. Ne le cachons pas, les déboires de Bijoux ABC d’une NoName n’auraient jamais alimenté la sphère médiatique ne serait-ce qu’une journée, à moins d’une fraude monumentale. Jamais une NoName n’accédera à l’émission Tout le Monde en Parle après une semaine de déroute.

Concernant la présence de Caroline Néron à l’émission dominicale, je ne peux que remercier l’animateur qui n’a pas été complaisant. Pour ce qui est des réponses de la concernée, cela ressemble plus à un dernier tour de piste qu’au début d’une relance. Ses réponses ressemblent en tout point à celles qu’un Ordre professionnel peut donner!

Soyons honnêtes! L’effet Néron est inquiétant. Il démontre par lui-même comment les biais s’introduisent au sein d’une communauté. L’effet Néron démontre le manque de discernement qui peut assaillir celui ou celle qui s’identifie ou désire s’identifier à un groupe auquel il veut appartenir. Combien de commentaires d’entrepreneur sur les réseaux sociaux alors que leur réalité est à des années-lumière de celle de Caroline Néron? Je dirais la majorité, alors que tous s’appuyaient sur le bien connu « … l’échec fait partie du succès. Vas-y Caroline, tu vas rebondir encore plus haut. »

Lorsque je vois des entrepreneurs affirmer que ceux qui ne le sont pas ne comprennent rien, je m’inquiète. Lorsque je vois des individus serrer les coudes alors qu’ils n’ont rien en commun, sauf le fait d’être entrepreneur, je crains l’impact que peut avoir le sentiment d’appartenance sur le jugement. En fait, le sentiment d’appartenance fait peur lorsqu’on l’a déjà vue de près.

Il n’y a pas que les entrepreneurs qui ont un fort sentiment d’appartenance. Le désir d’appartenir se retrouve également chez certains professionnels. En particulier, on le retrouve chez les ingénieurs. Plusieurs ne le savent pas, mais la tutelle de l’Ordre des ingénieurs est principalement due au sentiment d’appartenance. La réélection de la présidente de l’Ordre des ingénieurs en 2018 en contravention avec le Code des professions, encore une fois l’effet du sentiment d’appartenance. La Commission Charbonneau, encore une fois le sentiment d’appartenance.

Dans le sillage de la déroute de l’entreprise de leur chère Caroline, les entrepreneurs reprennent les mots des motivateurs pour affirmer que l’échec fait partie du succès. Pour eux, il n’y a pas d’échec. Il n’y a que le succès et l’apprentissage.

Force est d’admettre que l’Effet Néron nous permet d’apprendre que peu importe le champ d’activités, le sentiment d’appartenance peut être dangereux pour l’avancement d’une société.

 

Pour comprendre la situation à l’Ordre des ingénieurs, Dessein d’ingénieurs – La déroute des professions est disponible dans les librairies suivantes:

 

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