Le monde de l’ingénierie, plus particulièrement la firme SNC-Lavalin, est dans une tourmente médiatique depuis plus d’une semaine avec ce qu’on pourrait qualifier, l’Affaire Wilson-Raybould. Pourtant, le gouvernement Trudeau a affirmé qu’il n’avait rien à se reprocher dans le dossier. Il a expliqué que les discussions avec l’ancienne procureure générale du Canada, Mme Wilson-Raybould, n’avaient rien de déplacé et étaient en tout point conformes aux règlements et lois canadiennes.

Pendant un certain temps, la situation a favorisé les spéculations alors que Mme Wilson-Raybould mentionnait ne pas pouvoir parler compte tenu du secret professionnel auquel elle était tenue en tant que procureure générale. Après avoir affirmé pendant plusieurs jours que son gouvernement n’avait rien à se reprocher, le premier ministre Trudeau a levé l’obligation au secret professionnel de la procureure générale afin de lui permettre de témoigner pleinement et entièrement devant un Comité.

La levée du secret professionnel de la procureure générale doit inspirer l’ingénieure Kathy Baig, présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ). Effectivement, la présidente de l’OIQ doit permettre à la Secrétaire de répondre aux questions qui permettraient de faire la lumière sur sa réélection.

Cette levée du secret professionnel est nécessaire puisque par l’entremise de son avocat, la Secrétaire de l’OIQ se cache derrière l’article 9 de la Charte des droits et libertés de la personne pour justifier qu’elle ne peut répondre aux questions concernant la réélection de la présidente.

Dans sa lettre, l’avocat mentionne que l’Ordre ne renonce pas à son droit au respect du secret professionnel qui existe dans ses relations avec ses avocats. Or, si le gouvernement libéral de Justin Trudeau affirme n’avoir rien à se reprocher et lève son droit au secret professionnel, il en est de même avec la présidente de l’Ordre des ingénieurs qui allègue que sa réélection est conforme au Code des professions.

La réélection de la présidente se serait déroulée suite à la diffusion d’un avis juridique commandé par la Secrétaire. Or, tout laisse croire que l’avis juridique aurait interprété le Code des professions sans traiter la mécanique des débuts et fins des mandats d’un Conseil d’administration. Comme on le voit ci-dessous, le début et la fin des mandats sont régis par l’Assemblée générale annuelle et non pas par la date calendrier du début du Conseil d’administration.

Dans le présent contexte, tout laisse croire que l’information communiquée au Conseil d’administration était incomplète et fallacieuse. C’est donc faute d’information juste et entière que les administrateurs de l’OIQ ont entériné la réélection de la présidente Baig. Au moment de sa réélection le 15 juin 2018 la présidente n’était plus administratrice comme l’exige le Code des professions puisque son mandat se terminait la veille avec la fin de l’Assemblée générale annuelle.

Pour assurer la crédibilité de l’Ordre des ingénieurs et de la bonne gouvernance de l’organisation, la présidente doit permettre à la Secrétaire McGovern de répondre aux questions concernant sa réélection. À l’instar du premier ministre du Canada, la présidente doit lever le droit au respect du secret professionnel de la Secrétaire dans le cadre de ses fonctions au sein de l’OIQ.

Si la présidente Baig n’a rien à se reprocher, elle doit agir conséquemment. Dans le cas contraire, on comprendra que sa réélection est effectivement illégale.

Dessein d’ingénieurs – La déroute des professions est disponible dans les librairies suivantes:

 

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